Author Archives: Fabien De Marchi

Recommandations de la CDUS dans le choix des spécialités au lycée en vue d’études scientifiques

Category : Communiqués

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La réforme des enseignements et de l’organisation du lycée entraînera, dès la rentrée prochaine pour les élèves de 1ère, la disparition de la logique des “séries” pour le bac général (L, SES et S) au profit d’une possibilité de choix des lycéens parmi un certain nombre de spécialités. Ainsi, les jeunes inscrits en seconde cette année vont être amenés à se positionner sur trois disciplines de spécialité pour leur année de première, parmi lesquelles ils pourront en conserver deux pour leur année de terminale.

Un impact important est attendu en particulier en ce qui concerne l’accès aux études scientifiques, et notamment les orientations vers les mentions de licence au sein des Facultés scientifiques. En effet, les programmes de licences scientifiques sont conçus, dès la première année, en se basant sur les compétences acquises par les élèves de terminale S. Ces compétences sont communes à la plupart des élèves pour ce qui concerne les mathématiques, la physique-chimie et les SVT, disciplines qui constituent le tronc de leur formation. La réforme conduit donc à une remise en cause majeure de ce tronc commun, et conduira à des profils plus diversifiés.

Même si des évolutions sensibles sont à prévoir – et parfois déjà en œuvre – dans l’organisation des études supérieures, nous souhaitons apporter dès maintenant un message qui soit le plus clair possible aux enseignants du secondaire, aux lycéens et à leurs familles dans le choix des spécialités. Notre volonté est que les choix des lycéens soient le plus en phase possible avec les attendus nationaux dans les filières universitaires qu’ils envisagent, afin de faciliter leur accès et leur réussite dans nos mentions.

De la même façon que ces attendus nationaux sont déclinés au sein des universités, les recommandations que nous faisons ici ont vocation à être reprises et précisées localement : nous invitons donc les lycéens de seconde à utiliser tous les outils et temps d’information mis à leur disposition pour se renseigner auprès des établissements visés.

Vue synthétique concernant l’année de première

Nous proposons le tableau synthétique suivant pouvant servir de guide, et qui permet dans certains cas une ouverture vers des enseignements scientifiques ou non. En gras apparaissent les recommandations fortes ; en italique les conseils et suggestions, parmi lesquelles le lycéen peut faire son choix en fonction de ses projets afin de favoriser sa réussite.

Liste des mentions de Licence

Recommandations en première

Sciences de la Vie, Sciences de la Vie et de la Terre, Sciences de la Terre

Mathématiques ; SVT ; Physique-Chimie

Mathématiques, Informatique, MIASHS

Mathématiques

Numérique et Sciences Informatiques ; Sciences de l’Ingénieur ; Ouverture

Physique, Chimie, Physique-chimie, Mécanique, EEA

Mathématiques ; Physique-Chimie

Ouverture

Génie Civil, Sciences de l’ingénieur

Mathématiques ; Physique-Chimie

Sciences de l’Ingénieur ; Ouverture

Sciences et technologies

Mathématiques

Voir selon les universités les spécificités locales

La place des mathématiques

En premier lieu, nous rappelons la place particulière des mathématiques, qui fournissent un ensemble d’outils, de modes de raisonnements et de compétences transversales à l’ensemble des champs scientifiques. C’est pourquoi nous recommandons fortement à tous les lycéens qui envisagent des études scientifiques de choisir l’option “mathématiques” pour l’année de première. Ensuite, la conservation des mathématiques en terminale sera recommandée pour toutes les mentions de licence scientifiques. Il pourra être envisagé, uniquement pour les études de SVT (Sciences de la Vie et de la Terre), SV (Sciences de la Vie) et ST (Sciences de la Terre), de prendre la spécialité de mathématiques uniquement en première. Toutefois, il est recommandé de bien se renseigner à l’occasion des différents forums ou journées portes ouvertes avant d’envisager l’abandon de la spécialité “mathématiques” en terminale ; et dans ce cas de suivre à la place l’option « mathématiques complémentaires ».

Les autres spécialités scientifiques communes à la plupart des lycées

Ensuite, le choix d’une deuxième spécialité scientifique parmi les plus communes, à savoir “physique-chimie” ou “sciences de la vie et de la terre”, sera fonction de la ou des mentions envisagées en licence : spécialité physique-chimie pour les mentions de physique, chimie, électronique, mécanique, génie civil ou sciences pour l’ingénieur ; spécialité SVT pour les mentions SVT et SV. Pour la mention ST, les spécialités SVT ou Physique-chimie peuvent être recommandées. En cas d’incertitude sur la nature précise des études scientifiques envisagées, nous recommandons aux lycéens de choisir un “trinôme” de spécialités scientifiques en première (mathématiques, physique-chimie, SVT) et d’affiner ce choix en terminale. La mention de Licence « Sciences et technologies » étant ouverte sur un spectre large selon les universités, il convient de prendre les renseignements en local.

Les spécialités plus rares

Concernant les spécialités scientifiques plus “rares”, la spécialité “numérique et sciences informatiques” pourra avantageusement compléter la spécialité “mathématiques” pour une orientation vers les études d’informatique ou de mathématiques ; sans toutefois être considérée comme requise dans l’état actuel des choses. Pour une orientation en mécanique, génie-civil, sciences de l’ingénieur ou en EEA (Electronique, Energie électrique, Automatique), la spécialité “Sciences de l’Ingénieur” pourra compléter la formation en première ; toutefois il est conseillé dans ce cas de conserver au niveau de la terminale les spécialités « mathématiques » et « physique-chimie ».

Approuvé en Assemblée Permanente le 7 février 2019


Mise en garde contre les projets précipités ou “hors-sol »

Category : Communiqués

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Un profond mouvement de transformation des structures universitaires est à l’oeuvre, notamment impulsé par les différents appels des programmes d’initiatives d’excellence : IDEX, ISITE, EUR, NCU… La CDUS a largement démontré sa capacité de proposition en répondant activement à plusieurs appels, et les Facultés scientifiques sont des moteurs sur tous les sites où elles sont présentes.

Mais il est également de notre responsabilité d’alerter Mme la Ministre, ainsi que les responsables des différents sites, sur les risques liés à une mise en oeuvre précipitée des restructurations. Bâtir des projets au niveau des stratégies d’établissements ne suffit pas ; leur réussite à court, moyen et long terme ainsi que la continuité des missions de service public passe de manière indispensable par une large association des Facs de sciences depuis la définition stratégique des évolutions jusqu’à leur mise en oeuvre.

Par ailleurs, nous sommes en mesure d’observer certains invariants dans plusieurs projets, conduisant notamment à une remise en question des modèle scientifiques, pédagogiques et démocratiques des UFR, tels que la séparation du continuum licence – master ou le passage d’activités des UFR dans un modèle « d’Ecole » sélectives. Si nous sommes ouverts aux expérimentations (et nous l’avons déjà démontré au travers par exemple du College “sciences” de l’université de Bordeaux, intégré et actif dans notre réseau des Facs de sciences), nous souhaitons rappeler que nos Facultés ont su allier depuis de nombreuses années l’excellence sociale, professionnelle et académique. Principales vecteurs d’ascenseur social pour les étudiants, principales pourvoyeurs de cadres scientifiques pour les entreprises et de chercheurs pour les laboratoires, elles offrent aux enseignants-chercheurs qui en sont membres la possibilité de conduire des carrière diverses et équilibrées entre leurs différentes missions, en fonction de leur curseur d’intérêt. C’est pourquoi nous demandons qu’une attention particulière soit accordée sur la pérennité de ces identités dans les modèles expérimentaux qui sont explorés sur les différents sites.

Il ne s’agit pas de demander un retour en arrière vers un modèle purement « facultaire », mais bien de préparer l’avenir avec de grands ensembles scientifiques au sein des universités, alliant licence master et doctorat, ayant une compétence recherche, et qui soit garant de la cohérence globale des activités d’enseignement supérieur dans le grand champ des sciences et technologies. La CDUS se tient à la disposition des porteurs de projets pour travailler dans ce sens, et suivra avec attention les évolutions concernant les Facs de sciences du territoire.

Une méthode inacceptable à l’Université LYON 1

C’est dans ce contexte que la CDUS tient à attirer l’attention concernant la situation du projet “Université Cible” du site de Lyon / Saint-Etienne. En effet, une évolution majeure de la Faculté des Sciences et Technologies est annoncée au premier janvier 2019, en interne de l’Université LYON 1 : séparation du cycle licence, séparation des disciplines dans trois composantes selon un logique sciences de la vie, sciences de l’ingénieur, sciences fondamentales.

Les conditions de démocratie, de transparence et de dialogue dans lesquelles cette transformation est conduite ne sont pas acceptables. Ainsi la CDUS soutient la demande des personnels de la Faculté des Sciences et Technologies de Lyon 1 auprès du Président de l’Université LYON 1 de ne pas amorcer de changement structurel qui entrerait en vigueur AVANT que l’organisation de « l’Université Cible » ne soit connue, et approuvée par un consensus des cinq établissements membres du rapprochement.

Ce temps nécessaire est celui de la participation réelle des communautés au projet et de la préparation des personnels aux changements, au premier rang desquels les personnels administratifs et techniques. Rappelons que les UFR sont des structures du code de l’éducation, dont toute évolution doit être annexée au projet d’établissement ; et doit faire l’objet d’un travail en amont avec la direction de l’UFR et les instances consultatives de l’établissement : le conseil des directeurs de composantes, le conseil académique, le CT, le CHSCT.

La bonne marche de nos universités est dépendante d’un climat de confiance entre les composantes et les présidences.

Approuvé en Assemblée Permanente de la CDUS, Paris le 18 octobre 2018